Des nouvelles de la Machine à Lire.... Rencontre annulée
De
Renaud,
lewokentravaux (27/09/2012)
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Rencontre annulée
Yassaman Montazami
Pour son livre :
Le Meilleur des jours éditions
Sabine Wespieser
Vendredi 28 septembre
18h30
la machine à Lire

Yassaman Montazami est née à Téhéran en 1971 et vit en France depuis 1974.
Docteur en psychologie, elle a travaillé de nombreuses années auprès de réfugiés politiques et a enseigné à l’université Paris VII.
Elle exerce actuellement en milieu hospitalier.
Le Meilleur des jours est son premier roman.
« Aux premiers jours de l’été 2006, mon père quitta Téhéran pour Paris afin de faire renouveler son titre de résident en France,
qui arrivait à expiration. Comme je m’étais étonnée qu’il entreprenne pareille démarche, dont l’utilité m’échappait,
étant donné qu’il était retourné vivre en Iran six ans plus tôt, il m’avait répondu que ce document lui épargnerait pendant les dix années
de sa validité les tracasseries administratives d’une demande de visa chaque fois qu’il voudrait nous rendre visite,
à mon frère et à moi. Il se projetait dans l’avenir. Il ignorait qu’il n’en avait plus.
La veille de sa venue, alors allongée sur le divan de mon psychanalyste, je laissai tout à coup échapper une phrase incongrue,
qui me surprit moi-même, comme si une autre personne l’avait prononcée : « Quelqu’un va mourir. »
Un temps s’écoula, durant lequel je me demandai qui pourrait bien être appelé à disparaître, quand soudain je m’entendis articuler :
« Cette personne, c’est mon père. » La séance touchant à son terme, ce fut sur ces derniers mots que je quittai mon psychanalyste.
En raison des vacances, nous ne devions plus nous revoir avant plusieurs semaines.
Le lendemain, quelques heures après qu’il avait poussé la porte de chez elle, ma mère me téléphonait :
« Behrouz va mal », me dit-elle. Il souffrait de douleurs abdominales atroces. Le médecin venait de lui prescrire des calmants,
mais il fallait selon lui procéder à des examens plus approfondis. « Viens vite ! » ajouta ma mère… » (extrait)
« C’est pour garder en vie le souvenir de son père, emporté prématurément par la maladie que
Yassaman Montazami a écrit ce bref roman, hommage mélancolique au « meilleur des jours« , traduction du prénom persan, Behrouz, que portait son père et qui coiffe son livre… Un premier roman percutant, délicat. »
Catherine Simon, Le Monde
Rencontre animée par
Pierre Mazet
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