L’ours pécheur comporte son lot de zones d’ombres et même de crimes, mais est avant tout l’histoire d’une rencontre, celle de Frédéric et de Maxence, plombée par le poids de deux histoires familiales faites de traumatismes, de non-dits, d’espoirs déçus… Une réflexion subtile sur le désir de paternité (dans le double sens de vouloir être père et de vouloir en avoir un).
Les personnages ici mis en scène partagent des fêlures et des manques. Manque de pères, de compagne ou de compagnon, culpabilité, mais aussi haine sont leur lot commun. C’est aussi, jusqu’à un certain point, une certaine forme de haine commune pour les faux-semblants qui va lier Frédéric et Maxence. Une haine, ou plutôt une acceptation de la haine, qui va leur permettre d’avancer. Pour Maxence en retrouvant un peu de son statut d’enfant et pour Frédéric en s’extrayant du monde enfantin et moralisateur dans lequel il s’est enfermé par le biais de ses contes pour enfants :
« C’est le regard de Max qui m’a fait grandir, quand il m’a pris dans ses bras et qu’il s’est mis à pleurer contre mon épaule en me serrant très fort. Et, dans cet instant où il redevenait un enfant perdu et malheureux, sa haine est devenue la mienne.
Et haïr, c’est aussi exister ».