«
Ouvrage bienvenu dans le contexte actuel en France où le débat sur
l’autisme fait rage et la psychanalyse est
attaquée de toutes parts.
Mais c’est d’abord le témoignage d’une clinique de la rencontre avec le
sujet. Clinique du
respect, de l’invention, de la singularité.
Singularité du côté des enfants, des adolescents; singularité aussi du
côté des
intervenants et c’est dans la rencontre que peut naître autre
chose, un autre rapport à l’Autre et au monde… » (Catherine Heule)
«
Si l’autisme reste pour celui qui fait la rencontre d’êtres parlants
qui en sont affectés, une énigme, le terme même d’autisme est
un
paradigme de la façon dont la question du mental est traitée dans nos
sociétés modernes.
C’est en effet, à partir de la question de
l’autisme, que la notion de maladie mentale, pour ce qui concerne les
enfants, est devenue
obsolète, qu’elle a laissé progressivement la place
à la dimension du handicap. Le handicap qui trouve sa cause
hypothétique dans les
profondeurs du corps, entre neurones et gènes,
vient nommer un déficit, un dysfonctionnement qu’il s’agit de compenser
par la voie
d’apprentissages permettant à l’autiste d’accéder à
l’autonomie, ce qui est un comble pour celui qu’on définit comme en
retrait de tout
lien social.
Dès son plus jeune âge, il s’agit de
donner un diagnostic à ses troubles, il s’agit de le stimuler, de le
soumettre à des apprentissages
afin qu’il sorte de son monde, afin qu’il
puisse vivre dans le nôtre en se sentant utile. On devine qu’il s’agit
là d’une tâche infinie
qui laisse peu de repos aux différents
protagonistes de cette aventure qui se décline en livres, reportages et
témoignages… »
Jean-Pierre Rouillon