Passe un groupe de jeunes filles qui s'amusent dans le crépuscule
Le vent se lève, emplit l'allée de leur parfum !...
Leurs jupes sont ornées de papillons d'or
Leurs chignons épinglés de canards mandarin en jade...
Elles sont accompagnées de jeunes domestiques en robes de soie rouge
Et d'eunuques en vêtements brodés mauves !...
Je les regarde, les tempes blanches, le cœur troublé
Et j'en oublie mon chemin....
Seul, assis, souvent confus
L'émotion m'étreint le cœur
Et les nuages défilent étreignant les montagnes
Le vent s'engouffre dans la vallée
Les arbres bruissent, les singes s'approchent
Les oiseaux s'enfoncent dans la forêt d'où l'on entend leurs tristes cris !....
Le temps s'enfuit
A mes tempes les cheveux ont blanchi
L'année se termine et je me sens vieux, seul et désolé...
Les fleurs de pêchers aimeraient bien passer l'hiver
Mais le vent et la lune ne les attendent pas !
Vous aurez beau chercher un homme de l'époque des Han
Vous n'en trouverez pas !
Jour après jour les fleurs se fanent et tombent
Et même les hommes irremplaçables sont remplacés !...
Et là où, aujourd'hui, le vent soulève la poussière
Autrefois s'étendait la mer....
Source : consciencesansobjet
Han shan (9ème s.), fameux ermite zen, célébré par la beat generation, qui inspira même les Beatles (The fool on the hill).
Han shan ("la montagne froide"), du nom de la montagne éponyme sur laquelle il vivait, dans une grotte, est l'archétype de l'ermite
chinois excentrique, insouciant et illuminé. C'est sur des bambous, des arbres, des rochers et les murs des villageois qu'il a inscrit
ses poèmes.
Source : Moundaren