Il n'y a pas plus beau que le chemin de Han Shan !
On n'y voit pas de traces de carosse ou de cheval...
Difficile de s'orienter, les ravins convergent
Les pics s'entassent, on ne peut plus compter !
La rosée goutte dans mille sortes d'herbes
Le vent murmure dans la couronne des pins
Puis arrive un temps où l'on est complètement perdu
Alors le corps demande à son ombre : ""Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?"
Parler de nourriture ne remplit pas le ventre
Parler de vêtements ne protège pas du froid !
C'est en mangeant le riz que l'on est rassasié
En se couvrant que l'on se protège du froid !...
Si on ne prend pas la peine de réfléchir
On dit que trouver le Bouddha est difficile !
Pourtant il suffit de retourner en soi, au coeur et nulle part ailleurs,
C'est là que réside le Bouddha
Il est inutile de le chercher partout, fébrilement, à l'extérieur !
Heureux le corps in utero, au temps du chaos !
Pas besoin de manger ni de pisser !...
Quelle idée saugrenue de venir y percer des trous ?
Neuf orifices !...Et maintenant, jour après jour
Il faut s'habiller, manger
Année après année subir le souci des impôts !
Et sans arrêt, voir mille visages grimaçants se disputer un sou
et hurler à en perdre la vie !...
Source : consciencesansobjet
Han shan (9ème s.), fameux ermite zen, célébré par la beat generation, qui inspira même les Beatles (The fool on the hill).
Han shan ("la montagne froide"), du nom de la montagne éponyme sur laquelle il vivait, dans une grotte, est l'archétype de l'ermite
chinois excentrique, insouciant et illuminé. C'est sur des bambous, des arbres, des rochers et les murs des villageois qu'il a inscrit
ses poèmes.
Source : Moundaren