Rencontre avec Jean-François Lhérété

De La Machine à Lire, lamachinealire  (25/08/2012)   Permalink


Jean-François Lhérété

Mardi 25 septembre

18h30





Pour son livre Éléonore ou les menus plaisirs (éditions Confluences).

Agrégé d’histoire, Jean-François Lhérété est l’auteur de plusieurs ouvrages
 dont La France en recomposition (Gallimard, 2006).

« L’idée de convoler n’était pas venue spontanément à l’esprit d’Arthur Croquignol du Failly. Sa condition de célibataire lui convenait à merveille ; pas un instant de sa banale existence l’idée de troquer la tranquillité dont il jouissait contre les piètres vicissitudes de la vie familiale ne l’avait effleuré.
Arthur se trouvait le dernier rejeton d’une famille de la petite bourgeoisie périgourdine dont l’aïeul, Aldebert Croquignol, marchand de bétail enrichi pendant la Révolution, avait ajouté à son patronyme pour faire plus chic le nom de la terre du Failly dont il avait fait l’acquisition. Bien avant son baccalauréat, qu’il réussit de justesse à sa quatrième tentative, le jeune Croquignol s’était résolu à vouer son existence et par la même occasion la haine que lui inspiraient ses semblables à la défense de l’ordre public, des bonnes moeurs et de la propriété. Il s’était dirigé vers l’état de magistrat comme d’autres se sentent convoqués au service de Dieu. Après s’être fait remarquer dès le début de sa carrière au sein d’obscures juridictions par l’implacable sévérité de ses verdicts, il s’appliquait depuis qu’il était devenu procureur dans sa ville natale à traquer sans relâche escrocs et assassins, quitte à faire condamner plus souvent que de raison des braves gens qui n’étaient ni l’un ni l’autre.
L’exercice de ce sacerdoce répondait assez exactement à ce qu’il attendait de la vie. A quarante-sept ans – il en paraissait à peine vingt de plus – Arthur avait trouvé dans l’exercice impitoyable du droit pénal une félicité, malheureusement tempérée par un caractère chagrin, que tant d’autres cherchent confusément dans des voies saugrenues sans jamais la rencontrer. » (extrait)

La suite de nos rencontres ici