On a tous entendu parler de
Jimmy CorriganChris Ware (son géniteur) a révolutionné le monde de la bande dessinée
avec son œuvre magistrale et hors-norme . . .
Ses planches sont exposées
du 15 Mars au 27 Avril
Et parce que je ne me lasse pas de le relire et de le faire découvrir
Parce que l’œuvre de Chris Ware se regarde, se scrute, se pense et se ressent
Voici quelques planches et extraits d'une interview . . .

" La vérité c'est que j'ai peur de gâcher du papier.
Je ne veux pas que le
lecteur se sente floué, qu'il ait l'impression de perdre son argent, de
perdre son temps.
Le livre doit avoir l'air aussi détaillé que l'est la nature.
Quand on prend la feuille d'un arbre, ce n'est pas qu'une feuille plate
et verte :
si on l'observe attentivement, on voit une infinité de
nervures, d'aspérités, de textures.
Je tente de faire la même chose avec
mes ouvrages, pour qu'on puisse les regarder de très près et y trouver
encore des détails.
Parce que regarder le monde, ce n'est pas juste
s'asseoir sur un banc et le couver des yeux ;
c'est aussi y pénétrer,
s'y promener, en faire le tour… "

" Pendant des années, j'ai essayé beaucoup de choses.
Et petit à petit, je
suis arrivé au dessin que j'ai aujourd'hui qui, pour moi, reprend le
principe essentiel de la typographie :
quand on déchiffre des lettres,
l'important n'est pas leur esthétique, mais leur clarté et leur
limpidité.
Après, certains, dans la bande dessinée, fonctionnent
différemment, et ça marche quand même.
Mais pour ma part, quand je
dessine, mon objectif est avant tout d'être le plus lisible possible.
Que ce soit transparent pour tout le monde.
Mon dessin doit être invisible. "

" En voyant un type tout seul, on se demande pourquoi.
Est-ce parce qu'il
le désire ? Est-ce parce qu'il le subit ?
Ça permet de parler des
décisions que l'on prend dans la vie.
Mes personnages ont finalement la
possibilité de faire des choix qui changeraient leur existence,
de
reprendre en main leur destin, mais ils ne le font pas.
Je crois que la vie est douloureuse, rien n'est plus difficile, et elle devient de plus en plus difficile quand on vieillit.
Particulièrement dans notre culture actuelle qui célèbre la jeunesse – et une bonne partie des
comics participe à cette célébration. "